Le parti socialiste a réagi vite en programmant, le lendemain de la défaite, un conseil d'urgence.
François Bayrou et ses colistiers se sont eux éclipsés peu après la déroute. L'UMP reste sur sa victoire dû au vote à la proportionnelle, qui a changé considérablement la donne pour le parti de la majorité présidentielle.
Les Verts ont annoncé, via la tribune de Daniel Cohn-Bendit, qu'ils ne renonceront pas à leurs engagements pris durant la campagne. Cependant, il avoue que la « pollinisation » des idées écologistes restera difficile au sein du Parlement, pas de révolution, donc. Propos en total accord avec les déclarations de José Bové, désormais élu député de la région Sud-ouest avec Eva Joly, qui affirme que « l'écologie ne convient pas au capitalisme ».
Daniel Cohn-Bendit affirme aussi que le succès écologiste n'est pas le fruit d'un « vote d'humeur, ni d'un agencement entre les idées écologistes et les valeurs européennes au sein du parti » qui doivent « s'étendre à d'autres organisations politiques » précise l'intéressé. Ce dernier se montre aussi méfiant envers de possibles alliances, qu'il évoque comme des gages de réussite à une future élection , ou autre enjeu, pour celui qui remportera le fameux « marché »! De plus, il prétend que Europe Écologie ne détiens pas d'électeurs pour elle seule, en tout cas pas sur cette élection. « Les concurrents - et peut-être futurs partenaires - devraient méditer » sur l'alliance avec un parti qui ne réunit pas le même nombre d'électeurs à chaque scrutin.
Europe Écologie n'est pas propriétaire de voix ou d'électeurs et qui, selon Daniel Cohn-Bendit, n'est pas bénéficiaire d'un vote d'humeur ; donc Europe Écologie a su être convaincant dans ses meeting, dans ses idées... Peut-être, mais le leader des Verts n'a pas la même analyse. Normal, qu'il voit plus profondément dans les bulletins de vote, normal qu'il voit plus loin dans le regard des gens qui, selon lui, lui crient le changement, c'est normal : il est de ceux qui sont élu. Mais perdu ou aspiré par son lyrisme politique ou d'une fièvre d'espoir obamaniaque, Daniel Cohn-Bendit parle de rassemblement autour de quelque chose : l'union fait la force. Car même si le concept n'est pas nouveau, il explique la défaite de Bayrou et du PS par l'incohérence qui règne dans le pays tout comme les résultats du vote. Une incohérence dont le seul coupable à ses yeux est « le locataire de l'Elysée » que Cohn-Bendit attaque pour sa « politique de diversité au profit de l'unicité ou de la fragmentation ». Fragmentation du pays, fragmentation économique. Daniel Cohn-Bendit parle d'économie, à travers les délocalisations, Daniel Cohn-Bendit attaque, Daniel Cohn-Bendit est présent sur tous les fronts, les propos sont forts, l'idéologie est là, le lyrisme aussi, l'espoir de même : reste les actes.
Photo: Daniel Cohn-Bendit voit loin mais ses actes vont-ils le suivre, ou s'égarer?
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